"Le dimanche matin" Henry Murger - Journal "La famille" de 1903
Le Samedi dit au Dimanche:
"Tout le village est endormi;
L'aiguille vers minuit se penche,
C'est maintenant ton tour, ami,
Moi, je suis las de ma journée,
Je veux aller dormir aussi;
Viens vite, ton heure est sonnée."
Le Dimanche dit: "Me voici."
[...]
Après la bonne nuit passée,
Pour vous accueillir au réveil,
On voit sourire à la croisée
Le Dimanche assis au soleil.
Et si quelque enfant paresseux
Rêve un peu tard sur l'oreiller,
Il lui laisse finir, heureux,
Son rêve avant de l'éveiller.
[...]
Voyez combien on est tranquille
Dans tout le village aujourd'hui,
Le moulin à la roue agile
Et l'enclume ont cessé le bruit.
Les boeufs ruminent à la crèche,
Libres du joug et du brancard,
Et la charrue avec la bêche
Se reposent sous le hangar.
Tout le monde paraît à l'aise,
On s'aborde d'un air content.
"Comment va ton père, Thérèse?
-Wilhem, comment va votre enfant?
-Bon temps, voisin, pour la futaille!
-Voisin, bon temps pour le grenier!"
Personne aujourd'hui ne travaille
Excepté le ménétrier.
(ménétrier: musicien qui faisait danser les villageois)
Commentaires