La Hongrie vulnérable face à la crise
La crise économique internationale qui frappe la Hongrie de plein fouet vient s’additionner à une profonde crise budgétaire, sociale, voire morale que traverse le pays depuis 2006. Les mesures d’austérité exigées par les instances internationales en échange d’une bouffée d’air financière viennent, elles, s’ajouter à un plan d’austérité particulièrement drastique lancé il y a trois ans.
Pour la population hongroise la crise économique qui s’annonce ressemble à un véritable coup de grâce après des années de privation due à la situation financière catastrophique du pays. La Hongrie, qui, il y a encore dix ans, était l’un des pays d’Europe centrale les plus prometteurs traverse également une terrible crise de confiance.
Avec un déficit public de 8% en 2006 la Hongrie a dû accepter des mesures douloureuses pour rééquilibrer ses comptes, des dizaines de milliers de postes de fonctionnaires supprimés, stagnation voire bien souvent régression du pouvoir d’achat, hausse du prix de l’énergie, des transports, etc.
Alors que certains indicateurs commençaient juste à donner des signes positifs en 2008,la Hongrie se voit confrontée à une crise internationale à laquelle elle n’est pas en mesure de faire face. Au bord de la faillite, le pays a déjà eu à accepter en octobre 2008 une aide internationale de 25 milliards d’euros dont une partie venant du Fonds Monétaire International.
Alors que le FMI prévoît un effondrement du PIB de l’année en cours, les Hongrois doivent faire face à une hausse du chômage significative avec un taux record de 8,4 % de demandeurs d’emploi pour la période novembre-janvier. L’agence de presse hongroise MTI annonce, quant à elle, la suppression de 20.000 emplois depuis octobre 2008.
Mais ce qui assurément risque de toucher le plus durement la population hongroise est l’écroulement du forint, la devise nationale. Oscillant entre 250 et 260 forints contre un euro en 2008, la monnaie a connu une chute vertigineuse dépassant le seuil psychologique des 300 forints pour un euro au début de l’année et atteignant même en mars 2009 les 310 forints pour un euro.
Cette chute du forint face à l’euro ne touchera pas seulement le pouvoir d’achat sur les produits d’importation courants. Les Hongrois des classes moyennes sont très généralement propriétaires de leur logement ce qui implique un fort taux d’endettement en devises étrangères (en euro mais aussi très souvent en franc suisse). La hausse de l’euro rend les taux de remboursement mensuel prohibitifs, ce qui met en difficulté de nombreuses familles hongroises.
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